Panorama de Planoise, regard sur les paléoméandres du Doubs

Panorama de Planoise, regard sur les paléoméandres du Doubs

Surplombant les collines de Besançon, le fort de Planoise représente le point de vue parfait pour se figurer les anciens lits du Doubs.

Que voit-on depuis le belvédère de la colline de Planoise ?

Situé au sud de Besançon sur la rive droite du Doubs, à un peu moins de 500 m d’altitude, ce promontoire permet d’avoir un bon aperçu des reliefs de la commune, le long desquels s’écoule le Doubs. En prêtant attention aux détails du paysage et doté de quelques clés géologiques, l’observateur peut appréhender par quels endroits passait autrefois la rivière, avant de s’installer dans son lit actuel. Ce sont ses anciens parcours qui ont isolé les collines les unes des autres, de la colline de Bregille jusqu’à celle de Planoise. La ville est implantée au pied du massif jurassien, dont la formation a provoqué des plis de terrain. Ces collines sont taillées dans le même anticlinal, c’est-à-dire dans le même repli convexe qui a fait émerger leur relief. Le sommet de la colline de Planoise constitue le point culminant du pli anticlinal de la Citadelle.

Que sont les « cluses » ?

Ce sont les petites vallées perpendiculaires aux couches géologiques de l’anticlinal que les méandres fossiles ont creusées. Depuis le belvédère, on remarque sur la gauche les dépressions qui séparent les collines de Planoise et de Rosemont, qui correspondent aux cluses de l’ancien méandre de la Malcombe. L’âge des alluvions de ces méandres a été estimé entre 33 000 et 27 000 ans. Ils remontent donc au Pléistocène. Un autre méandre de la même époque, celui de Velotte, se nichait entre Chaudanne et Rosemont. Entre 8 100 et 7 800 ans avant le présent, à l’Holocène, la colline de la Roche d’Or était quant à elle enlacée par un méandre qui l’a dissociée de la colline de Rosemont et qui recoupe celui de la Malcombe. La partie plane entre les deux collines correspond à une ancienne terrasse alluviale. Contrairement à la cluse qui enlace la colline Saint-Étienne (Citadelle), la fameuse « Boucle » de Besançon, toujours en eau, ces cluses sont dites « mortes ».

Que nous enseigne l’altitude des cluses bisontines ?

Ces altitudes sont très variées. L’ancienne cluse la plus élevée se situe à une centaine de mètres au-dessus du Doubs actuel, entre le Grand Chaudanne et le Petit Chaudanne. Les autres cluses, qui sont des cluses doubles, sont plus hautes d’à peine 50 mètres, voire de seulement quelques mètres pour certaines. Leur déformation et leur élévation témoignent de l’antécédence de la rivière : celle-ci était là avant, et a recoupé les strates en cours de plissement.

Jacques MUDRY,

Hydrogéologue des milieux fissurés, retraité de l’Université Marie et Louis Pasteur

Comme toutes les rivières dont les berges ne sont pas artificialisées, le Doubs a vu son lit se déplacer au cours du temps du fait de la force exercée par l’eau. Cette force a érodé la rive la plus abrupte, tandis que les alluvions se déposaient sur l’autre rive. L’accumulation de branchages créant des embâcles et l’occurrence de fortes crues ont conduit à un raccourcissement du parcours de la rivière, son ancien lit se transformant en bras mort, puis s’asséchant. Le méandre abandonné plus récemment de la Roche d’Or permet de comprendre plus facilement le phénomène, car ce méandre se raccorde à la rivière actuelle, à l’est de la colline de la Roche d’Or. Auparavant, le Doubs se poursuivait ensuite en formant un S dont la seconde boucle s’avançait vers Beure. Relativement rectiligne sur ce tronçon, le Doubs d’aujourd’hui évite désormais ces détours.

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