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Nourrir les oiseaux en hiver, un acte de bienveillance

Publié le 8 décembre 2022

Depuis sa fenêtre, sur son balcon ou dans son jardin, nourrir les oiseaux l’hiver est un vrai service rendu source de ravissement.

Pourquoi les oiseaux sont-ils plus vulnérables en hiver ?

La surmortalité durant cette période ne s’explique pas par le fait qu’ils meurent de froid. Les oiseaux sont capables de supporter les basses températures s’ils sont assez nourris. C’est justement le manque de ressources alimentaires qui est problématique. À cette saison, il y a naturellement moins de baies. Cela est accentué par l’appauvrissement de la végétation dans nos campagnes et nos espaces verts. L’évolution des techniques agricoles a aussi fait diminuer la quantité de graines laissées sur pied dans les champs. Le gel qui durcit le sol et la neige compliquent la recherche. Cela compromet la survie des espèces sédentaires (dites « hivernantes ») et des individus venus du Nord pour séjourner sous nos latitudes le temps de l’hiver. Pour surmonter les périodes les plus froides, donner à manger aux oiseaux est donc vivement encouragé.

Quels types d’aliments leur offrir ?

Les graines de tournesol (si possible noires) conviennent à beaucoup d’espèces. On peut aussi proposer un mélange de plusieurs variétés (tournesol, chanvre, millet, avoine…). Le Rougegorge ne sélectionne par exemple que des graines sans coquille, car son bec ne lui permet pas de décortiquer les autres. 

 Mieux vaut choisir des graines biologiques ou non traitées. Des fruits mûrs posés par terre peuvent en complément satisfaire grives et merles, qui sont frugivores. Les boules de graisse à acheter ou à confectionner soi-même, mais aussi le gras de jambon, le lard non salé et la margarine sont appréciés des insectivores comme les mésanges ou l’Accenteur mouchet. Les légumineuses (pois, lentilles…) et le riz ne sont pas recommandés, car ils n’attirent que les grandes espèces. Le pain non plus, car il est salé. Si on a un jardin, on peut par ailleurs planter des arbustes et arbres nourriciers (aubépine, sureau noir, cornouiller, prunelier, charme, chêne…). Le lierre, dont les baies sont tardives, est à favoriser.

Quand et comment nourrir les oiseaux ?

Il faut débuter la distribution lorsqu’il gèle, grosso modo de novembre jusqu’à mars, et surtout ne pas l’interrompre pour ne pas mettre en danger les habitués. Pour les graines, l’idéal est d’assurer un réapprovisionnement à heure fixe, si possible le matin ou en fin d’après-midi. La nourriture doit être placée en petite quantité dans des mangeoires (mangeoires plateaux munies d’un toit, mangeoires à silo…) ou sur une large pierre plate. Varier les supports permet d’attirer un plus grand nombre d’espèces. Certaines sont acrobatiques quand d’autres ne s’invitent qu’au sol. On peut d’ailleurs observer que les graines éparpillées par les unes profitent souvent aux autres.


 

 

Le mot de l’experte

Cécile DÉTROIT, Ornithologue médiatrice environnement à la Société d’histoire naturelle d’Autun – Observatoire de la faune de Bourgogne

Lorsqu’on nourrit les oiseaux, il faut aussi penser aux à-côtés. Pour réduire le risque de transmission de maladies, il est utile de nettoyer régulièrement les espaces de nourrissage à l’eau savonneuse. En hiver, les oiseaux ont également besoin de boire et de se laver. La propreté des plumes augmente leurs propriétés isolantes. Bannissez l’alcool ou l’antigel pour que l’eau reste liquide. Préférez un renouvellement régulier avec de l’eau tiède voire chaude pour casser le gel. Grâce à toutes vos attentions, les oiseaux auront de meilleures chances de passer le cap de l’hiver… Et vous aurez une excellente occasion d’apprendre à les connaître ! Bouvreuil pivoine, Verdier d’Europe, Pinson du Nord, Grosbec casse-noyaux… Une trentaine d’espèces sont observables autour des mangeoires sur la région.


Pour en savoir plus

D’autres détails et conseils pratiques sont à retrouver sur la fiche SOS Les mangeoires à télécharger sur le site de la Société d’histoire naturelle d’Autun https://observatoire.shna-ofab.fr, onglet « SOS ». Pour partager vos observations, rendez-vous sur l’onglet « E-Obs ».

 

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