S’ils ne possèdent pas de prédateurs à l’âge adulte, les grands prédateurs doivent faire face à d’énormes pressions humaines sur les territoires qu’ils réinvestissent.
Pourquoi appréhender favorablement le retour des grands prédateurs ?
Leur présence témoigne d’une dynamique positive pour la biodiversité. Il ne faut pas oublier qu’il y a moins d’une quarantaine d’années, avant un retour naturel pour l’un et des réintroductions pour l’autre, le Loup et Lynx boréal avaient disparu de France. L’Ours brun est quant à lui passé à deux doigts de l’extinction. Le rôle de berger, dévalorisé durant un temps, a regagné du sens, et toute une génération de jeunes motivés se forme actuellement à ce métier. C’est génial ! L’aspect est encore peu promu en France, mais la grande faune est source de revenus de tourisme considérables. Dans les monts Cantabriques, en Espagne, des prés aménagés ou des parkings permettent d’observer des ours sans les déranger sur l’autre versant, avec beaucoup de succès. Le cas du parc des Abruzzes est emblématique, l’écotourisme ayant permis le développement d’une région parmi les plus pauvres d’Italie.
Ces prédateurs sont-ils nombreux ?
Leur présence témoigne d’une dynamique positive pour la biodiversité. Il ne faut pas oublier qu’il y a moins d’une quarantaine d’années, avant un retour naturel pour l’un et des réintroductions pour l’autre, le Loup et Lynx boréal avaient disparu de France. L’Ours brun est quant à lui passé à deux doigts de l’extinction. Le rôle de berger, dévalorisé durant un temps, a regagné du sens, et toute une génération de jeunes motivés se forme actuellement à ce métier. C’est génial ! L’aspect est encore peu promu en France, mais la grande faune est source de revenus de tourisme considérables. Dans les monts Cantabriques, en Espagne, des prés aménagés ou des parkings permettent d’observer des ours sans les déranger sur l’autre versant, avec beaucoup de succès. Le cas du parc des Abruzzes est emblématique, l’écotourisme ayant permis le développement d’une région parmi les plus pauvres d’Italie.
Ces prédateurs sont-ils nombreux ?
33 ans après son retour, le Loup compterait environ 1 millier d’individus. Pour l’Ours brun et le Lynx boréal, on atteindrait la centaine d’individus. C’est peu, par rapport au potentiel. Le Loup est ainsi principalement cantonné aux Alpes. Il fait l’objet d’un acharnement dans le Jura, particulièrement depuis qu’il a osé toucher aux vaches de l’appellation Comté. Les quelques preuves de premières reproductions dans les Vosges en 2013, dans le Massif central en 2022, en Haute-Marne en 2025, et aucune dans les Pyrénées depuis 30 ans de présence, illustrent combien l’expansion demeure modeste.
Que penser de la politique de tirs du Loup ?
Il s’agit d’une manière de répondre au monde de l’élevage qui freine la progression de l’espèce. Son déclassement en juin 2025 de « strictement protégée » à « protégée » n’augure pas une amélioration de la situation. Derrière l’opposition affichée contre le Loup, se cache le souhait qu’il ne disparaisse pas, mais soit limité au strict minimum. D’importants financements sont accordés du fait de sa présence. Dans les Alpes, c’est dans les zones où le Loup est implanté que les éleveurs s’en sortent économiquement le mieux. Pour autant, les difficultés sont réelles. Quand on ne fait pas partie de la profession, on n’imagine pas la tension nerveuse que génère le risque d’attaque, ni l’attachement de la plupart des bergers à leur troupeau.
Vincent VIGNON,
Écologue pluridisciplinaire, cabinet de conseils Alkïos
Il faut avoir en tête que nous seuls sommes capables de vivre au-dessus de nos moyens. Il ne peut jamais y avoir de surpopulation de grands prédateurs. Ils s’autorégulent, et lorsqu’il n’y a plus de place pour de nouveaux individus, ceux-ci se dispersent vers d’autres territoires, ou meurent. Des loups isolés parviennent aux quatre coins de la France jusqu’à la pointe de la Bretagne. Cependant, la présence simultanée de plusieurs individus susceptibles de se reproduire reste rare. La dispersion du Lynx est différente dans la mesure où il établit généralement son territoire directement en contact avec les précédents, de proche en proche. On note des exceptions, comme l’arrivée en Côte-d’Or avec une preuve de reproduction en 2022. Traversée de milieux ouverts, d’autoroutes… la reconquête de l’hexagone est périlleuse, mais pas impossible pour ces animaux qui n’hésitent pas à emprunter des ponts ou escalader des grillages pour le Lynx.
Actualités de BFC Nature
BFC Nature lance la prévente de son Hors-Série n°41 de la revue scientifique. Fruit de plus de vingt ans de survols de la Bourgogne en Cessna 172, cet ouvrage révèle les paysages régionaux sous un angle inédit grâce aux travaux d’André Humbert, Colette Renard et Daniel Sirugue. Réception en avant-première dès février, tarif préférentiel (35 € au lieu de 45 € hors frais de port). Rendez-vous sur le site de HelloAsso.com : Paysages de Bourgogne lus du ciel.