La Roche Blanche, un promontoire géologique

La Roche Blanche, un promontoire géologique

À Septmoncel, le point de vue de la Roche Blanche livre un éclairage sur les plis et les failles du massif jurassien.

Qu’est-ce qui rend le panorama de la Roche Blanche si attrayant ?

Au sommet de la colline de la Roche Blanche, il offre une vue spectaculaire sur un secteur parmi les plus pittoresques de la Haute Chaîne jurassienne. Le dénivelé n’est que de 500 m au-dessous de l’observateur, et pourtant, ce paysage d’une grande complexité, fait de plis et de gorges, donne presque l’impression de se trouver en haute montagne.

Quels sont les éléments les plus saillants ?

On peut admirer un très bel anticlinal, l’anticlinal de Sur-les-Grès. Ce terme géologique désigne un repli de terrain convexe. Sur-les-Grès est constitué de calcaires datant du Jurassique supérieur, dont on voit les différentes strates comme un mille-feuille. L’anticlinal, de l’ordre du kilomètre, est profondément entaillé par les Gorges du Flumen, que suit la route de Saint-Claude. Contrairement aux deux autres rivières autour de Saint-Claude, la Bienne et le Tacon, qui sont parallèles aux plis jurassiens, le Flumen est transverse aux plis. La structure de l’anticlinal se poursuit de part et d’autre de la vallée. Plus loin, au-dessus de Saint-Claude, le Mont Bayard présente quant à lui un chevauchement : les terrains du sud-est recouvrent les terrains plus récents du nord-ouest. Toutes ces manifestations de la tectonique sont liées à la formation du massif du Jura.

Que noter de remarquable sur le plan hydrogéologique ?

Du fait de l’entaille pratiquée par le Flumen, qui est perpendiculaire aux plis, la zone draine une vaste superficie s’étendant sur une dizaine de kilomètres au nord et au sud, depuis la station des Rousses jusqu’à La Pesse. Toute l’eau de ce territoire trouve ici son point de sortie à travers 6 sources principales. La structure plissée du Haut-Jura se décline en une succession de plis dont l’axe n’est pas horizontal. On a ici un pli en forme de creux qui crée une gouttière synclinale. Cette gouttière est comparable à celle d’un toit, mais qui serait pliée en son milieu, au niveau de la vallée du Flumen.

Jacques MUDRY,

Hydrogéologue des milieux fissurés, retraité de l’Université Marie et Louis Pasteur

La Vallée du Flumen a servi de modèle pour expliquer le fonctionnement d’autres sites sourciers du massif du Jura. Il a pu être mis en évidence un drainage vers les points bas de la structure géologique, et pas seulement de la surface topographique. Les incidences de la tectonique et de l’érosion aboutissent parfois à des paysages où des strates géologiques plus anciennes se retrouvent sur des points hauts. Ce n’est pas le cas ici, où logiques géologiques et topographiques se superposent.

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