100 ans après sa naissance, retour sur le parcours d’un botaniste bourguignon d’importance, fin pédagogue investi tant dans ses recherches de laboratoire que sur le terrain.
Qui était François Bugnon ?
Botaniste né en 1925 et décédé en 1998, il a obtenu son diplôme d’études supérieures à l’Université de Dijon. Il y a effectué toute sa carrière, d’abord en tant qu’assistant de biologie végétale, puis maître de conférences, et enfin professeur. Son apport dans le domaine de la phytosociologie, c’est-à-dire dans la connaissance des groupements d’espèces propres à chaque milieu naturel, a été majeur en Bourgogne. Ses travaux scientifiques en morphologie végétale, branche de la botanique qui étudie l’aspect et la structure des plantes, et en morphogenèse, branche qui étudie les processus de formation des plantes, ont été internationalement reconnus. Son engagement pour la Société botanique de France lui a valu le Prix du Conseil en 1997.
Dans quelle histoire familiale s’inscrit le parcours botanique de François Bugnon ?
Son père, Pierre Bugnon, Jurassien né en 1886 et décédé en 1957, a lui aussi été un botaniste de renom. Docteur ès sciences, maître de conférences, il a commencé à dispenser des cours de botanique à Dijon dès 1929, et y a mené le reste de sa carrière. Il a assuré le rôle de Doyen de la Faculté des Sciences durant une vingtaine d’années. Son œuvre scientifique remarquable porte sur le système conducteur des Graminées*, c’est-à-dire sur les mécanismes de circulation de la sève chez cette famille de plantes, et sur l’interprétation générale de la tige feuillée des végétaux. Il s’est aussi intéressé à la façon dont se forme une fleur, dans laquelle il a cherché à retrouver les caractères morphologiques et anatomiques fondamentaux des tiges et des feuilles, conformément à une théorie née au 18e siècle. Selon cette théorie dite « de la métamorphose », les organes floraux découleraient d’un organe primaire unique donnant également naissance à la feuille.
Comment la mémoire des Bugnon perdure-t-elle dans l’espace public bourguignon ?
Une rue de Dijon et un verger à Talant portent le nom de François Bugnon. En octobre 2013, deux salles de travaux pratiques de botanique et de biologie végétale de la Faculté des Sciences Gabriel, à Dijon, ont été dédiées à Pierre et François Bugnon. Jean-Marie ROYER a, par ailleurs, rendu hommage à son maître et ami en nommant une ronce de l’est de la France nouvellement décrite, découverte à Autun en 2011 « Rubus bugnonii », un nom scientifique signifiant la « Ronce de Bugnon ».
Jean VALLADE,
Botaniste membre de la Société des sciences naturelles de Bourgogne
François Brugnon a su brillamment concilier recherches théoriques et de terrain. Il s’est penché sur la végétation des marais de pente bourguignons, a entrepris une cartographie des espèces représentatives de la flore régionale, et contribué à une clé des alliances phytosociologiques de Bourgogne. Sa grande œuvre est sans aucun doute la Nouvelle flore de Bourgogne, remarquable ouvrage dont il a été l’auteur principal, en tant que coordinateur, rédacteur et illustrateur. Du fait des contraintes d’impression de l’époque, les trois tomes sortis entre 1993 et 1998 n’ont pu faire justice à ses aquarelles de plantes bourguignonnes. Une entreprise de réédition en 2007 a permis de diffuser les 760 planches en couleur, via un DVD. Ces « dessins colorés », comme il les qualifiait lui-même, correspondent à une étude botanique détaillée présentant en détail les caractéristiques de chaque espèce.
Mini-glossaire :
Graminée : famille de plantes regroupant les céréales et la plupart des espèces d’« herbe », aujourd’hui appelée « poacée ».