Les évolutions des dernières décennies ont rendu la photographie plus accessible, pour le plus grand bonheur des curieux de nature.
Le smartphone permet-il de faire de la photographie nature ?
Pour ceux qui veulent ramener des souvenirs en prenant en photo une belle fleur ou un insecte, le smartphone est effectivement un bon outil. Il est léger, multifonction, avec notamment la possibilité de se localiser par GPS, de partager ses découvertes… et le rendu est tout à fait satisfaisant, au point de pouvoir faire des tirages papier au format 20×30 cm. On évitera cependant les appareils d’entrée de gamme, qui ne comptent qu’une seule optique. Mieux vaut deux ou trois capteurs, dont un dédié à la proxiphoto* ou à la macro. Lorsque je sors pour une petite balade, je n’emmène souvent que mon smartphone. Je ne sais pas si j’irais jusqu’à présenter une photo prise au smartphone pour un concours de photos « nature », mais les progrès réalisés récemment sont bluffants !
Que choisir si on souhaite tout de même avoir un appareil photo ?
Pour ceux qui désirent apprendre à faire de la photo et contrôler un peu ce qu’ils font, ce que ne permet pas le smartphone, il est préférable de s’orienter vers un bridge, mais de qualité. Le Sony RX10 est par exemple un bon couteau suisse avec lequel on peut faire du paysage, de la proxiphoto, de l’animalier. Sauter le pas implique néanmoins de se promener avec un boîtier assez encombrant et lourd. Ceux qui pratiquent la photo et projettent d’aller plus loin investiront avantageusement dans un hybride, avec lequel on acquiert entre autres une parfaite maîtrise de la profondeur de champ. Il faut alors être prêt à porter 3 ou 4 kg de matériel, car on sort rarement avec un seul objectif. Depuis deux ans, les fabricants proposent certains modèles plus abordables autour de 1 000 € avec capteurs plus petits au format APS-C*.
Est-il encore plaisant pour un photographe de faire de la photo avec toutes ces aides techniques ?
Il est vrai qu’avec les capteurs stabilisés, les modes rafale, autofocus embarquant de l’intelligence artificielle, la mémorisation des images avant même de déclencher… il est difficile de rater une photo ! L’usage du smartphone peut également interroger. L’autre jour, j’ai posté sur les réseaux sociaux quelques photos prises au smartphone, et je me suis questionné : ne suis-je plus photographe ? Pour autant, véritablement réussir une photo reste un défi. Il faut arriver à trouver le bon sujet, à jouer avec les contraintes de composition, les effets de lumière… Pour moi, il y a toujours cette satisfaction de montrer aux gens ce que j’ai vu et de parvenir à un résultat qui plaît.
Frédéric LABAUNE,
Photographe de nature et de sciences, Professeur agrégé de SVT
La photographie oblige à regarder en détail, à observer l’environnement. Réussir une photo requiert de s’appliquer et de réfléchir. Il faut se mettre au niveau du sujet, ce qui demande parfois de s’allonger, auquel cas il faut veiller à limiter l’écrasement de plantes et d’insectes ! Tourner autour du sujet permet de travailler l’arrière-plan et l’avant-plan. Ce sont eux qui vont faire la différence, lorsqu’on regarde une photo, entre l’impression que « je peux la faire aussi » et quelque chose de très joli. En la matière, l’appareil photo est plus adapté que le smartphone. Autre aspect important : la lumière, qui met en valeur. Il ne faut pas hésiter à éclairer son sujet en proxiphoto, même si c’est seulement avec une LED de smartphone, en l’activant via le menu flash. De nombreux clubs photo accueillent les débutants et organisent des séances à thème. C’est appréciable pour progresser et se motiver, tout en laissant de côté smartphone et tutoriels sur Internet.
Mini-glossaire
APS-C : Advanced Photo System type-C, capteur de taille 24×17 mm environ, un format intermédiaire offrant déjà de la dynamique par sa capacité à rendre les hautes et basses lumières.
Proxiphoto : technique où les sujets font 40 à 10 cm et sont souvent isolés, comme une fleur prise en champ assez large. À différencier de la macrophoto, où les champs cadrés sont inférieurs à 5 cm et où les contraintes, en termes de gestion de la netteté et de la lumière, sont tout autres.
Pour en savoir plus
21e Rencontres BFC Nature – La nature la nuit – Les inscriptions sont ouvertes !
Rendez-vous les 19 et 20 septembre à la Maison de l’Économie, à Besançon (25) pour échanger sur le thème de la nature la nuit. Au programme : des conférences scientifiques, des stands, des expositions, des posters scientifiques et des ateliers. Pour s’inscrire et retrouver toutes les informations, rendez-vous sur la page : www.rencontres.bfcnature.fr.